J’ouvre les bras, je prend ma première respiration et c’est la vie. Balloté dans les flots des évènements, passant d’une chose à une autre, et passe le temps, passe les évènements, je vis. Bientôt je devrais mourir aussi.

Le peu que je suis, le peu qu’il restera de moi. Quel sens y a-t-il à tout cela?

Au travail, nous avons des objectifs, nous réflechissons sur de grandes feuilles Excel et dans chaque feuille il y a des cases et dans chaque case il y a des chiffres et dans chaque chiffre une réalité. Cette réalité ne veut rien dire à personne d’autre qu’à moi. Demain périmée, nous passerons à autre chose, et passe le temps, passe les évènements. Pourquoi sommes-nous là?

C’est que cette terrible philosophie de l’évènement oublie la plus belle chose qui soit, le coeur. Ce coeur qui donne le sens aux évènements. Lorsque j’aime ce que je fais et avec qui je le fait, je comprends alors pourquoi je le fais. Les grands évènements d’une vie sont ceux où l’on aime, car le coeur apporte cette dimension que les choses et l’esprit n’ont pas.

« Les oeuvres sont des formes vides, la Vie y pénètre par le secret de l’intention pure » – Ibn Ata Allah

Mère Thérésa, interrogée sur ce qu’elle pensait de la démonstration scientifique du dernier prix Nobel de l’époque, avait répondu : « Je crois en l’amour et en la compassion ». Quelle magnifique réponse!

Aller sur la lune, découvrir un nouveau théorème, vivre cent ans, qu’est ce au regard de l’éternité? Rien n’est comparable et aussi intemporel que l’élan du coeur et de la charité.

Premiers jours, et premières soirées à London




Scissor Sisters – Kiss you off

Il faut faire un voeu!

Comment réduire le nombre de sacs plastiques distribués dans les supermarchés?

Honte sur le consommateur, celui-ci est encore très attaché au sac plastique jetable et les tentatives de retrait complet s’avèrent jusqu’ici infructueuses. Le client préfère encore aller voir ailleurs plutôt que de renoncer à ses vingt minutes de pur plaisir que constituent la durée moyenne d’utilisation d’un sac plastique.

Pourtant, il existe un moyen simple d’inciter les clients à ne pas utiliser de sac jetable : il s’agit de créer une opportunité de marché sur la durée d’attente à la caisse.

Il n’y a rien de plus pénible que d’attendre son tour pour régler ses achats, entre les Télé Z et les Mentos-Box. Le quart d’heure d’attente étant de rigueur dans tous les supermarchés, l’idée serait de remplacer progressivement certaines caisses en caisses vertes ne distribuant plus de sacs plastiques. Le client aurait alors le choix : soit il souhaite un sac jetable et utilise les caisses traditionnelles, soit en bon éco-citoyen il bénéficie d’une file d’attente réduite. Pour réguler le marché, il suffirait de convertir plus ou moins de caisses afin que le bénéfice soit suffisamment significatif.

A terme, toutes les caisses pourraient devenir vertes!

Café du dimanche soir au latéral, la tête à l’envers.

Soirée au Neuf Billard

La fin du XXème siècle. Sept ans déjà. Nous commençons tout juste à prendre le recul nécessaire sur ces années à la fois merveilleuses et tragiques, où le miracle côtoie l’abominable, la prospérité la pauvreté, décennies de toutes les extrêmes et de toutes les folies : 56 millions de morts pendant la seconde guerre mondiale et dans le même temps, envolée de la population mondiale qui passe de 1,6Md en 1900 à plus de 6 Md en 2000 ! Stupéfaction, horreur, magie, victoire de l’homme sur la nature, ce XXème siècle aura été celui de tous les superlatifs, des plus grands désespoirs aux plus hautes espérances. Il s’achève en deux temps, par deux drames terribles.

Le premier a lieu un matin de septembre 2001, lorsque deux avions s’écrasent subitement contre les tours du World Trade Center. Le monde prend alors conscience de la fragilité sur laquelle reposent nos économies, immenses colosses aux pieds d’argile. Pour la première fois, l’humanité découvre que la prospérité des uns fait le malheur des autres. Cette richesse outrancière que les Etats-Unis ont affichée pendant des années, ils la paient au prix fort ce matin-là. Cette grande leçon va préparer l’avenir : nous, pays riches, avons tout à perdre à laisser des populations entières désespérer d’accéder à une richesse qu’elles peuvent sentir chaque jour mais pour laquelle elles n’ont droit de citer.

Le deuxième évènement aura été le tsunami de décembre 2004 et sa piqûre de rappel en août 2005 avec le passage de l’Ouragan Katrina. Bien que les causes n’aient absolument rien à voir entre elles, ces deux catastrophes naturelles rappellent à l’homme qu’il n’aura jamais le dernier mot sur la nature. Mais surtout, elles éveillent pour la première fois dans l’histoire un véritable sentiment de solidarité mondiale vis-à-vis des victimes de catastrophes naturelles qui pourraient bien être amenées à se multiplier dans l’avenir. Nous sommes tous embarqués dans un même navire et les médias modernes sont là pour nous le rappeler.

Cette prise de conscience du lien entre nos destinées est extrêmement importante pour l’avenir. Il est fort probable que nous allons accepter plus volontiers des sacrifices individuels pour le bien de tous.

La liberté individuelle et l’ordre. Lorsque les Etats-Unis ont voté l’USA Patriot Act, ils ont accepté certaines restrictions de leurs libertés individuelles au profit d’une lutte plus efficace contre le terrorisme. De même, certaines communes de France ont installé des systèmes de vidéosurveillance pour améliorer la sécurité de leurs concitoyens. Dans ces deux cas, la liberté individuelle s’est inclinée devant la nécessité de l’ordre. Le peuple ne devra pas oublier qu’il s’est battu pour obtenir ces libertés qu’il lâche sans protestation. « Il n’y a pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans vaillance », disait Thucydide.

L’individu et le groupe. La prise de conscience écologique va freiner les modes de consommation individualistes (le sachet individuel, la voiture, etc.) à la fois pour des raisons économiques, mais aussi plus simplement pour des raisons morales : le gaspillage va devenir inacceptable.

Nous verrons que l’art contemporain aussi embrassera ce nouveau paradigme. Jusqu’à présent, il a fallu coûte que coûte se démarquer des autres, produire de la nouveauté, repousser les règles établies, en privilégiant la démarche artistique sur le rendu final. Je suis convaincu que cette volonté de l’artiste de se démarquer va se ringardiser et que l’intérêt se portera sur autre chose (la symbolique ?).

Sur un autre registre, la polarisation des richesses a de fortes chances de devenir insoutenable. Pensons aux forteresses Europe et Etats-Unis, qui dressent murs et grillages sur des milliers de kilomètres pour se protéger. La réussite individuelle sera moins tolérable si elle n’est pas au service d’une réussite plus collective.

Ce paradigme sera d’autant plus vrai que l’émergence de civilisations asiatiques sur le plan international va forcer le trait : dans la civilisation chinoise, l’individu s’efface au profit du groupe.

Une gouvernance mondiale pour des économies régionales. OMC, OMS, Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale le 2 et 3 février prochain, peu à peu les instances mondiales se mettent en place et définissent des règles du jeu pour l’ensemble. Les solidarités s’expriment plus facilement envers des proches; la multiplication des moyens de communication rend le monde à porté de main. L’émergence d’un gouvernement mondial est poussée par la réduction (virtuelle et réelle) des distances entre les villes du monde.

Pourtant, et c’est bien là le paradoxe, nous allons assister dans quelques années à une réduction des échanges mondiaux, à des phénomènes de « relocalisation des activités ». L’augmentation du prix de l’énergie va mécaniquement réduire la distance entre sites de production et consommateurs, le renchérissement des matières premières va diminuer mécaniquement notre consommation. Nous étions dans une période d’abondance, nous allons entrer dans une période de rareté des matières premières. Le XXIème siècle connaîtra une phase de contraction des échanges économiques internationaux.

Tous ces points ne font qu’un : au XXIème siècle, l’intégration des économies et l’interdépendance de nos destinées vont tempérer les aspirations individuelles au profit d’un idéal collectif, notre préservation.