Pourquoi l’homme entretient-il un rapport si conflictuel avec la Nature? Pourquoi saccage-t-il des ressources qui ont mis des millions d’années à se former?

Bien sûr, la première réponse qui vient à cette question, c’est que l’homme accepte ce sacrifice au nom du progrès technique, de tout ces avantages qu’offrent une société de consommation. Mais au fond, pourquoi avons-nous accepté d’aller dans cette direction? Comment tout ce gachis inacceptable est devenu, sinon justifiable, au moins tolérable?

Au début de l’humanité, l’Homme n’était qu’un maillon de la chaîne alimentaire. Certes, il avait sa lance et autres outils pour chasser, mais ces derniers n’étaient qu’un paliatif à sa relative faiblesse (absence de griffes, etc.). A ce stade, l’Homme n’avait pas la capacité de transformer son écosystème, il en était dépendant. Puis, peu à peu, il s’est mis à inventer des outils de plus en plus élaborés. La hâche lui a permis pour la première fois de couper des arbres, et d’aménager son territoire. C’est ainsi qu’avec l’agriculture et l’élevage, l’Homme s’est mis à dompter la Nature, à la transformer.

Il est très intéressant pour comprendre ce rapport que nous entretenons avec la Nature de regarder l’apport des religions monothéistes (juive, chrétienne, musulmane) à ce sujet. Toutes ces religions partagent en effet un point commun : elles sont anthropocentristes. L’Homme n’est pas parti intégrante de la Nature, il est au-dessus d’elle.

Vous serez la crainte et la terreur de tous les animaux de la terre, de tous les oiseaux du ciel, de tout ce qui va et vient sur le sol, et de tous les poissons de la mer : ils sont entre vos mains. Tout ce qui remue, tout ce qui vit sera votre nourriture ; je vous donne tout cela comme je vous avais donné l’herbe verte.

Premier livre de la Bible, le livre de la Genèse (chap. 9, 1-15)

Cette dissociation entre l’Homme et la Nature est la conséquence directe de cette puissance croissante que l’Homme a acquis à travers les ages sur son environnement. Nous ne nous sentions plus le besoin d’être dans la Nature, et nos religions se sont construites autour de ce sentiment de domination de l’ensemble des êtres vivants.

Cette lacune dans les textes sacrées me laisse vraiment perplexe. Comment peut-on ignorer que dans la Nature, tout est lié? Sans aucun doute, les monothéismes ont une responsabilité directe dans notre ignorance flagrante de la santé de la planète.