
Bach – Chaconne en Ré mineur BWV1004, interprétée par Hélène Grimaud

Hazel – Le style
Depuis les résultats du référendum pour un traité constitutionnel eu Europe, rien ne va plus. L’Europe serait au point mort, certains journalistes parlant même de « détricotage » du projet européen. Sans projet, l’Europe ne saurait plus où elle va. Mais l’a-t-elle jamais su ? Sans élan de la part des pays fondateurs, l’Europe n’oserait s’affirmer et agir en son nom sur le plan international. Mais est-ce là sa vraie nature ?
Nous allons voir qu’en reprenant les idées de Mark Leonard, écrivain de « Pourquoi l’Europe dominera le 21ème siècle », le problème peut-être posé différemment.
Dans son histoire, l’Europe a connu de nombreux revers : refus français en 1954 de créer une défense européenne, non de De Gaulle à l’adhésion du Royaume-Uni en 1960, refus du Danemark de ratifier Maastricht en 1992, ou encore refus irlandais de ratifier le traité de Nice en 2001. Tous ces échecs ont vite été oubliés et l’Europe s’en est toujours sortie grandie. Aujourd’hui, le débat n’est plus de savoir si nous sommes pour ou contre l’Europe (l’immense majorité du peuple sait que l’intégration est inévitable), mais de savoir quelle doit être son orientation politique.
Qui remettrait en effet en cause les incroyables progrès accomplis par l’Europe dans ces 50 dernières années ? Elle à réussi à pacifier un continent ayant toujours connu le conflit. Elle a permis la propagation de la démocratie dans de nombreux pays sans montrer la pointe d’une baïonnette. En 2003, alors même que les Etats-Unis échouaient en Irak, 10 anciens satellites soviétiques entraient dans l’union. Réformés en profondeur par la volonté du peuple, embrassant le régime démocratique. Quel contraste !
« Quand une superpuissance offre des avantages à un pays sous réserve qu’il modifie son comportement, on le taxe d’impérialisme. Mais quand un club demande à d’autres d’observer les mêmes règles que ses propres membres, on juge qu’il a des principes. Voilà pourquoi l’union européenne est aussi irrésistible. »
La puissance de l’Europe ne se mesure pas par sa force de frappe militaire, mais son effet se fait sentir sur le long terme : c’est une « puissance de transformation».
Lorsque les pères fondateurs ont pensé l’Europe, ils n’avaient pour elle aucun modèle préconçu. Monnet disait : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait ». Et c’est ainsi qu’elle s’est bâtie. Naturellement, les premières collaborations sur le charbon et l’acier ont posé la question d’un marché unique (CEE de 1957). Naturellement ce marché unique a posé la question d’une monnaie unique (Maastricht, 1992). Et naturellement cette monnaie unique en posera d’autres. La machine est en marche : tandis que nous parlons de paralysie, les fonctionnaires européens continuent de réglementer, de dégager des consensus, de faire voter de nouvelles lois pour le service de ses états membres.
Car l’union européenne n’a pas pour vocation de devenir une puissance politique, à la manière des Etats-Unis. L’union européenne est là pour offrir à ses états membres un ensemble de services. Son ambition doit être d’offrir à des pays de cultures différentes la chance de cohabiter dans la stabilité et la paix.
article posté initialement sur http://www.ideescroisees.org


