Après des années de tractations américaines, le gouvernement bolivien a finalement été contraint ces dernières années de s’engager dans la lutte contre la plantation de coca, l’une des principales ressources du pays. Il faut dire que pour un paysan, la coca n’a pas son pareil pour améliorer l’existence : aucune plante ne peut offrir de rendement équivalent. Pour satisfaire les Etats-Unis, bon nombre de paysans se sont donc reconvertis dans la culture du sucre sous la pression des autorités locales. Seulement voilà, les Etats-Unis ont refusé d’ouvrir en contrepartie leurs frontières et de permettre ainsi aux boliviens d’écouler leur production. N’est-ce pas là une parfaite ineptie?

Je ne parlerais même pas de la PAC tellement l’exemple est affligeant et moralement indéfendable : par des subventions gargantuesques que le contribuable accorde à nos agriculteurs, les pays en voie de développement (le sont-ils vraiment tous?) ne sont même pas capable de concurrencer les tarifs pratiqués par l’Europe sur leurs marchés locaux. Bien sûr, nous pouvons avancer là qu’il s’agit en premier lieu de protéger notre économie. Soit. Mais pourquoi alors contraindre les pays les plus pauvres à ouvrir leurs frontières précisément là où ils ne peuvent être compétitif et détruire tout ce qui pourrait s’apparenter à un embryon d’activité économique? Pour autant, nous ne nous gênons pas pour fermer nos frontières sur certains de nos secteurs “sensibles” (i.e. qui pourraient être concurrencés par le reste du monde).

Se sont là deux exemples parmi d’autres du double langage que nous, puissances industrialisées, tenons tous les jours. Comment s’étonner dès lors que l’occident ait “mauvaise presse”?