J’ai retrouvé cette semaine des disques que mon père avait l’habitude d’écouter. La musique était si importante pour lui… Il ne se passait pas une journée sans que la platine vinyl ne tourne pendant des heures! C’était sa façon à lui d’échanger, de communiquer avec nous… De fait, tous les souvenirs que j’ai de mon père sont des souvenirs en musique. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a toujours été si importante pour mes frères et moi?

Alan Parson – The Turn of a friendly Card

Alan Parson – Nothing left to lose

J’aimerais pouvoir retrouver indéfiniment ce sentiment que j’ai eu en redécouvrant ces morceaux oubliés, comme une décharge au cours de laquelle tout ressurgît, intact, comme je l’avais laissé… Mais le simple fait d’y repenser recentre mes souvenirs dans le présent et les dénature.

Cela me fait penser à ce passage que Chateaubriand avait écrit dans ses Mémoires, magnifiquement comme toujours :

« Je m’étais établi au milieu de mes souvenirs comme dans une grande bibliothèque : je consultais celui-ci et puis celui-là, ensuite je fermais le registre en soupirant, car je m’apercevais que la lumière, en y pénétrant, en détruisait le mystère. Eclairez les jours de la vie, ils ne seront plus ce qu’ils sont. »

Chateaubriand – Mémoires d’outre-tombe, Livre XVIII, 5

Economiser l’essence de ses souvenirs pour ne pas les perdre.

Avez-vous déjà entendu parler des coproduits? Il s’agit de déchets ou de sous-produits générés par une industrie lors de son processus de production. Beaucoup de projets sont à l’étude pour leur trouver de nouvelles filières de valorisation.

En effet, nombre de ces déchets peuvent encore servir. Le cas le plus évident est celui de l’incinération ou de la fermentation, qui permet de générer de l’électricité à partir de nos déchets ménagers. Bien entendu, le rendement est largement améliorable et les rejets toxiques sont encore trop conséquents.

Mais comme le disaient Michael Porter et Claas van der Linde, « la pollution est un gaspillage économique ». C’est un point de vue très intéressant car il permet de mettre fin au bras de fer entre économie et écologie1. Par exemple, le rendement supérieur des nouvelles centrales nucléaires à neutrons rapides (plus de 50% contre 33% pour les centrales classiques) permet à la fois d’économiser en uranium et de réduire les déchets générés2.

En Champagne Ardenne, les nouvelles valorisations agricoles (NOVA) sont considérées comme un axe de développement privilégié de l’économie régionale. Viridis, une entreprise fondée en 1998, a réussi à extraire à partir d’un coproduit de la Luzerne des protéines et acides aminés pouvant intervenir dans la fabrication de médicaments3.

Sur un autre registre, un article paru dans l’Usine nouvelle expliquait que des laboratoires avaient trouvé un procédé permettant d’extraire la pulpe des arêtes de poisson pour en faire des steaks de « poisson »4 !

Ainsi, si les coproduits peuvent être vecteur de progrès, ils suscitent aussi bien des interrogations. Comment en effet ignorer les effets pervers de la valorisation de farines animales dans la filière bovine ?


1 – « Vert et concurrentiel : la fin du bras de fer », par Michael Porter et Claas van der Linde, Harvard Business Review, septembre 1995.
2 – « Déchets et pollution, Impact sur l’environnement et la santé », par Christian Ngô et Alain Régent, éditions Dunod, 2004.
3 – « Une filière porteuse d’avenir pour la région », http://www.champagne-ardenne.cci.fr/fr/economie/pdf/agrobio_industrie.pdf.
4 – « Les coproduits, nouveaux leviers de croissance », Usine Nouvelle, 29 sept. 2005.

Il est intéressant de remarquer que les mots “élitiste” et “élitisme” ne sont respectivement arrivés en France qu’en 1967 et 1968. Comme disait Kundera, “pour la première fois dans l’histoire, la langue elle-même jette sur la notion d’élite un regard de négativité sinon de mépris”. Les dirigeants sont perçus comme des élites retranchées dans leur tour d’ivoire. Or cette “tour d’ivoire”, nous avions coutume de l’appeler “prestige” ou “autorité”.

Selon les résultats d’un sondage CSA paru lundi dernier dans le Monde, les trois quarts des français (76%) ont une mauvaise opinion des hommes politiques. “Trop électoralistes (59 %), se préoccupant surtout de leur carrière (85 %), coupés de la vie des Français (62 %), mais tout de même intelligents (74 %), voilà l’opinion que les Français ont de leurs hommes politiques”. Il s’agit non seulement d’une crise de confiance dans l’action politique mais surtout d’un véritable divorce entre les électeurs et leurs dirigeants. Le référundum pour le traité constitutionnel européen en a été la parfaite illustration. Plus récemment, lors des mouvements sociaux liés à la privatisation de la SNCM, un employé expliquait que la décision sur le sort de l’entreprise ne revenait pas au gouvernement et que celui-ci n’avait aucune légitimité pour le faire. La question est alors : depuis quand des élus peuvent-ils être illégitimes? Ne sont-ils pas… élus?

Cela risque de nous poser quelques problèmes à l’avenir…

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