J’ai remarqué que l’environnement dans lequel nous découvrions une musique avait beaucoup d’influence sur l’opinion que l’on se faisait d’elle. Passez en boucle une chanson pendant une période agréable, les vacances, et vous pouvez être sûr que vous apprendrez à l’aimer. Vous ne souhaiterez qu’une chose, la réécouter pendant toute l’année. C’est le principe économique sur lequel repose le tube de l’été mais là n’est pas le propos. Ce qui est intéressant dans cet exemple, c’est l’association que nous faisons entre la musique d’une part et notre sentiment général pendant ce moment d’autre part. Le simple fait de réentendre un tube de l’été suffit à nous plonger dans la volupté de la période où nous l’avons découvert.
Sur un autre registre, il arrive que certaines personnes ne nous inspirent aucune confiance au premier regard. En faisant un parallèle avec l’exemple précédent, nous pourrions dire que ce sentiment est lié quelque part à notre vécu. Ne ferait-on pas tout simplement une analogie avec un évènement passé dans lequel une personne ressemblante aurait eu une mauvaise conduite? Pensez à l’enfant qui ne se méfie pas du chien méchant jusqu’au jour où il se fait mordre. Il est probable qu’il sera plus prudent la prochaine fois! Il aura fait l’association entre la physionomie de ce chien et le danger qu’il représente.
C’est pourquoi je crois que nos premières expériences sont déterminantes dans notre appréhension des évènements, dans nos peurs et nos désirs. Le premier amour, les premières minutes d’un entretien, la première fois où nous avons mangé dans ce restaurant tous les deux… Dolto avait raison de penser que la grossesse et les premières années de l’enfance étaient déterminantes pour la vie. Ce sont les années de toutes les premières fois!
6h du matin. Je quitte la chaleur de ma ville direction le Maroc. Sur le chemin, je croise quelques fêtards en déroute. Fin du jeu pour certains, début pour d’autres!




