Finirons-nous tous un jour devant Second Life, à acheter un nouveau costume à notre avatar? Triste destinée d’une génération condamnée à manger des pizzas derrière son écran, reliée au monde réel par des 0 et des 1! Le monde 2.0 se résumerait-il à “poke”r ses amis?
Nous sentons bien que le virtuel pour le virtuel n’a aucun sens. Internet ne se suffit pas à lui-même. Ce qui fait défaut à beaucoup d’applications internet aujourd’hui, c’est un lien fort entre ces services et la réalité.
Je pense que dans le futur, chaque service sera littéralement “ancré” dans la réalité, à l’aide d’une coordonnée géographique (l’ancre) et d’une distance (la corde de l’ancre). Cette nouveauté aura une portée immense. Elle permettra en effet de contextualiser les services rendus par internet.
Imaginez que vous êtes assis dans un restaurant. Depuis votre appareil mobile, vous pourrez consulter le menu, commander et payer. Vous découvrirez aussi que la personne assise à la table d’à côté est la soeur d’un ami et vous engagerez simplement la conversation avec elle. Après ce bon repas, vous indiquerez que vous êtes en recherche d’un taxi. Le chauffeur de taxi qui passera dans la rue le saura et vous attendra tranquillement devant le perron de la porte.

Internet, loin de nous isoler devant nos écran, favorisera ainsi les intéractions que nous aurons avec les autres.
Cet exemple est loin d’être une pure fiction, il nécessite simplement :
- un appareil mobile (90% des personnes en sont équipées aujourd’hui en France)
- une connexion internet (SFR sort cette semaine un forfait illimité)
- un GPS pour nous situer dans notre environnement (certains téléphones comme les Blackberry en sont déjà équipés, l’iPhone 2 prévu en juin 2008 le sera aussi).
- une plateforme permettant de gérer ce nouveau type de service de géolocalisation.
Je suis sûr que dans moins de 5 ans, cet exemple deviendra réalité. Et le nouveau Google sera celui qui mettra au point la plateforme nécessaire à ce nouveau type de services; les opportunités de développement sont gigantesques.
Note : Comment cela peut-il fonctionner? Votre mobile, relié à un GPS, pourra connaître sa position. Connecté à Internet, il pourra ensuite demander à un serveur spécifique de lui indiquer les services situés dans son environnement. Le nombre de services en s’accroissant nécessitera probablement l’apparition de moteurs de recherches géolocalisés.
Comment réduire le nombre de sacs plastiques distribués dans les supermarchés?
Honte sur le consommateur, celui-ci est encore très attaché au sac plastique jetable et les tentatives de retrait complet s’avèrent jusqu’ici infructueuses. Le client préfère encore aller voir ailleurs plutôt que de renoncer à ses vingt minutes de pur plaisir que constituent la durée moyenne d’utilisation d’un sac plastique.
Pourtant, il existe un moyen simple d’inciter les clients à ne pas utiliser de sac jetable : il s’agit de créer une opportunité de marché sur la durée d’attente à la caisse.
Il n’y a rien de plus pénible que d’attendre son tour pour régler ses achats, entre les Télé Z et les Mentos-Box. Le quart d’heure d’attente étant de rigueur dans tous les supermarchés, l’idée serait de remplacer progressivement certaines caisses en caisses vertes ne distribuant plus de sacs plastiques. Le client aurait alors le choix : soit il souhaite un sac jetable et utilise les caisses traditionnelles, soit en bon éco-citoyen il bénéficie d’une file d’attente réduite. Pour réguler le marché, il suffirait de convertir plus ou moins de caisses afin que le bénéfice soit suffisamment significatif.
A terme, toutes les caisses pourraient devenir vertes!
La fin du XXème siècle. Sept ans déjà. Nous commençons tout juste à prendre le recul nécessaire sur ces années à la fois merveilleuses et tragiques, où le miracle côtoie l’abominable, la prospérité la pauvreté, décennies de toutes les extrêmes et de toutes les folies : 56 millions de morts pendant la seconde guerre mondiale et dans le même temps, envolée de la population mondiale qui passe de 1,6Md en 1900 à plus de 6 Md en 2000 ! Stupéfaction, horreur, magie, victoire de l’homme sur la nature, ce XXème siècle aura été celui de tous les superlatifs, des plus grands désespoirs aux plus hautes espérances. Il s’achève en deux temps, par deux drames terribles.
Le premier a lieu un matin de septembre 2001, lorsque deux avions s’écrasent subitement contre les tours du World Trade Center. Le monde prend alors conscience de la fragilité sur laquelle reposent nos économies, immenses colosses aux pieds d’argile. Pour la première fois, l’humanité découvre que la prospérité des uns fait le malheur des autres. Cette richesse outrancière que les Etats-Unis ont affichée pendant des années, ils la paient au prix fort ce matin-là. Cette grande leçon va préparer l’avenir : nous, pays riches, avons tout à perdre à laisser des populations entières désespérer d’accéder à une richesse qu’elles peuvent sentir chaque jour mais pour laquelle elles n’ont droit de citer.
Le deuxième évènement aura été le tsunami de décembre 2004 et sa piqûre de rappel en août 2005 avec le passage de l’Ouragan Katrina. Bien que les causes n’aient absolument rien à voir entre elles, ces deux catastrophes naturelles rappellent à l’homme qu’il n’aura jamais le dernier mot sur la nature. Mais surtout, elles éveillent pour la première fois dans l’histoire un véritable sentiment de solidarité mondiale vis-à-vis des victimes de catastrophes naturelles qui pourraient bien être amenées à se multiplier dans l’avenir. Nous sommes tous embarqués dans un même navire et les médias modernes sont là pour nous le rappeler.
Cette prise de conscience du lien entre nos destinées est extrêmement importante pour l’avenir. Il est fort probable que nous allons accepter plus volontiers des sacrifices individuels pour le bien de tous.
La liberté individuelle et l’ordre. Lorsque les Etats-Unis ont voté l’USA Patriot Act, ils ont accepté certaines restrictions de leurs libertés individuelles au profit d’une lutte plus efficace contre le terrorisme. De même, certaines communes de France ont installé des systèmes de vidéosurveillance pour améliorer la sécurité de leurs concitoyens. Dans ces deux cas, la liberté individuelle s’est inclinée devant la nécessité de l’ordre. Le peuple ne devra pas oublier qu’il s’est battu pour obtenir ces libertés qu’il lâche sans protestation. « Il n’y a pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans vaillance », disait Thucydide.
L’individu et le groupe. La prise de conscience écologique va freiner les modes de consommation individualistes (le sachet individuel, la voiture, etc.) à la fois pour des raisons économiques, mais aussi plus simplement pour des raisons morales : le gaspillage va devenir inacceptable.
Nous verrons que l’art contemporain aussi embrassera ce nouveau paradigme. Jusqu’à présent, il a fallu coûte que coûte se démarquer des autres, produire de la nouveauté, repousser les règles établies, en privilégiant la démarche artistique sur le rendu final. Je suis convaincu que cette volonté de l’artiste de se démarquer va se ringardiser et que l’intérêt se portera sur autre chose (la symbolique ?).
Sur un autre registre, la polarisation des richesses a de fortes chances de devenir insoutenable. Pensons aux forteresses Europe et Etats-Unis, qui dressent murs et grillages sur des milliers de kilomètres pour se protéger. La réussite individuelle sera moins tolérable si elle n’est pas au service d’une réussite plus collective.
Ce paradigme sera d’autant plus vrai que l’émergence de civilisations asiatiques sur le plan international va forcer le trait : dans la civilisation chinoise, l’individu s’efface au profit du groupe.
Une gouvernance mondiale pour des économies régionales. OMC, OMS, Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale le 2 et 3 février prochain, peu à peu les instances mondiales se mettent en place et définissent des règles du jeu pour l’ensemble. Les solidarités s’expriment plus facilement envers des proches; la multiplication des moyens de communication rend le monde à porté de main. L’émergence d’un gouvernement mondial est poussée par la réduction (virtuelle et réelle) des distances entre les villes du monde.
Pourtant, et c’est bien là le paradoxe, nous allons assister dans quelques années à une réduction des échanges mondiaux, à des phénomènes de « relocalisation des activités ». L’augmentation du prix de l’énergie va mécaniquement réduire la distance entre sites de production et consommateurs, le renchérissement des matières premières va diminuer mécaniquement notre consommation. Nous étions dans une période d’abondance, nous allons entrer dans une période de rareté des matières premières. Le XXIème siècle connaîtra une phase de contraction des échanges économiques internationaux.
Tous ces points ne font qu’un : au XXIème siècle, l’intégration des économies et l’interdépendance de nos destinées vont tempérer les aspirations individuelles au profit d’un idéal collectif, notre préservation.
Trop souvent, le succès ou l’échec d’une opération de fusion/acquisition (« fusac ») se mesure à travers la création de valeur pour l’actionnaire. Mais cette vision financiarisée est incomplète pour le citoyen lambda : ce n’est pas parce qu’une fusac crée de la valeur pour l’actionnaire qu’elle est bénéfique au final pour l’économie du pays et inversement.
Considérons les 3 leviers sur lesquels une fusac peut jouer :
- Levier n°1 : La réallocation des investissements : Il s’agit typiquement de la petite entreprise en forte croissance qui requiert les capitaux d’une entreprise mature où les opportunités d’investissement sont faibles mais le cash-flow abonde.
- Levier n°2 : La consolidation sectorielle : Elle peut se faire par intégration verticale ou horizontale mais ses objectifs sont les mêmes : abaissement du coût du produit fini par la mutualisation de certains coûts fixes ou augmentation de la puissance de frappe sur les agents économiques (les fameuses 5 forces de Michael Porter : concurrents, clients, fournisseurs, nouveaux entrants, produits de substitution) ;
- Levier n°3 : L’élimination des inefficacités : La fusion est le meilleur moyen de réorganiser, et les dirigeants ont 4 fois plus de chance d’être changés au cours d’une fusion que lors d’une année ordinaire.
Ces trois leviers n’ont qu’un seul objectif : la création de valeur pour l’actionnaire. Mais les leviers n°2 et 3 ont des incidences qui ne doivent pas échapper à l’observateur externe. Considérons deux scénarios de fusion distincts :
- Scénario A : Someday rachète l’entreprise Fairytale et licencie 3000 employés, qui trouvent immédiatement un nouvel emploi avec les mêmes avantages. Someday réduit son panel fournisseur de 50% mais ceux-ci trouvent de nouveaux clients avec les mêmes conditions commerciales. La valeur de Someday prend 25%.
- Scénario B : Notrust rachète FRA et licencie 1500 séniors hautement qualifiées, qui ne retrouveront pas d’emploi. Notrust ferme les usines de FRA et par la même porte un préjudice sévère à l’économie locale qui s’appuyait fortement sur FRA. Un nombre important de magasins, restaurants et bars sont en dépôt de bilan. La valeur de Notrust prend 25%.
Ces deux scénarios sont identiques du point de vue de l’actionnaire. Pour autant, le bilan à l’échelle du pays n’est pas du tout le même. Cela signifie tout simplement que lors d’une opération de fusion acquisition, une part variable de la valeur créée par l’actionnaire est en fait un transfert des parties prenantes (clients, fournisseurs, salariés, économie locale, etc.) vers l’actionnaire.
Il existe un moyen efficace d’améliorer le tri des ordures ménagères, voire de diminuer la production de déchets, encore peu exploité en France. Il s’agit de la redevance incitative sur l’enlèvement des ordures ménagères (REOM incitative). L’idée de cette redevance est d’établir un lien entre le comportement du citoyen et la facture qu’il devra payer.
Généralement, cette redevance est constituée d’une part fixe, fonction du nombre de personnes dans le foyer et d’une part variable, fonction du volume du bac, du nombre de levée par semaine, du poids, etc.
A ce jour, seul 0,8 % des communes françaises utilisent ce type de redevance1, alors qu’elles sont très répandues en Autriche, Belgique, Finlande, Allemagne, Luxembourg, Suède, et Suisse. Pourtant, une étude menée par le Ministère de l’écologie et du développement durable2, sur dix communes pilotes, a fait ressortir des résultats tout à faits encourageants et ce malgré les difficultés liées à sa mise en place (message difficile à faire passer, difficultés de gestion des contraintes liées à l’habitat vertical, etc.).
Toutes les expériences montrent que sa mise en place entraîne une augmentation très significative du volume de déchets recyclés (qui ne sont pas taxés, contrairement aux déchets résiduels). Ainsi, la part de déchets valorisés est de 48% en Suisse, contre 20% en France, soit plus du double3.
Si la REOM incitative n’est pas l’unique réponse à apporter au problème des déchets et peut difficilement s’appliquer en zone urbaine, cela n’en reste pas moins un excellent outil dont nous avons tort de nous priver.
Article posté initialement sur http://www.ideescroisees.org
1 – Publication du centre national d’information indépendante sur les déchets : http://www.cniid.org/prodpropre/redevance/redevance.pdf
2 – Causes et effets du passage à la REOM incitative, Etude du Ministère de l’écologie et du développement durable : http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_final_publie.pdf
3 – Pourquoi la redevance incitative peine-t-elle à démarrer en France : http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=101989
Depuis les résultats du référendum pour un traité constitutionnel eu Europe, rien ne va plus. L’Europe serait au point mort, certains journalistes parlant même de « détricotage » du projet européen. Sans projet, l’Europe ne saurait plus où elle va. Mais l’a-t-elle jamais su ? Sans élan de la part des pays fondateurs, l’Europe n’oserait s’affirmer et agir en son nom sur le plan international. Mais est-ce là sa vraie nature ?
Nous allons voir qu’en reprenant les idées de Mark Leonard, écrivain de « Pourquoi l’Europe dominera le 21ème siècle », le problème peut-être posé différemment.
Dans son histoire, l’Europe a connu de nombreux revers : refus français en 1954 de créer une défense européenne, non de De Gaulle à l’adhésion du Royaume-Uni en 1960, refus du Danemark de ratifier Maastricht en 1992, ou encore refus irlandais de ratifier le traité de Nice en 2001. Tous ces échecs ont vite été oubliés et l’Europe s’en est toujours sortie grandie. Aujourd’hui, le débat n’est plus de savoir si nous sommes pour ou contre l’Europe (l’immense majorité du peuple sait que l’intégration est inévitable), mais de savoir quelle doit être son orientation politique.
Qui remettrait en effet en cause les incroyables progrès accomplis par l’Europe dans ces 50 dernières années ? Elle à réussi à pacifier un continent ayant toujours connu le conflit. Elle a permis la propagation de la démocratie dans de nombreux pays sans montrer la pointe d’une baïonnette. En 2003, alors même que les Etats-Unis échouaient en Irak, 10 anciens satellites soviétiques entraient dans l’union. Réformés en profondeur par la volonté du peuple, embrassant le régime démocratique. Quel contraste !
« Quand une superpuissance offre des avantages à un pays sous réserve qu’il modifie son comportement, on le taxe d’impérialisme. Mais quand un club demande à d’autres d’observer les mêmes règles que ses propres membres, on juge qu’il a des principes. Voilà pourquoi l’union européenne est aussi irrésistible. »
La puissance de l’Europe ne se mesure pas par sa force de frappe militaire, mais son effet se fait sentir sur le long terme : c’est une « puissance de transformation».
Lorsque les pères fondateurs ont pensé l’Europe, ils n’avaient pour elle aucun modèle préconçu. Monnet disait : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait ». Et c’est ainsi qu’elle s’est bâtie. Naturellement, les premières collaborations sur le charbon et l’acier ont posé la question d’un marché unique (CEE de 1957). Naturellement ce marché unique a posé la question d’une monnaie unique (Maastricht, 1992). Et naturellement cette monnaie unique en posera d’autres. La machine est en marche : tandis que nous parlons de paralysie, les fonctionnaires européens continuent de réglementer, de dégager des consensus, de faire voter de nouvelles lois pour le service de ses états membres.
Car l’union européenne n’a pas pour vocation de devenir une puissance politique, à la manière des Etats-Unis. L’union européenne est là pour offrir à ses états membres un ensemble de services. Son ambition doit être d’offrir à des pays de cultures différentes la chance de cohabiter dans la stabilité et la paix.
article posté initialement sur http://www.ideescroisees.org
Plus on va vers un monde sécuritaire et moins l’on se sent de fait en sécurité. Ceci se vérifie dans tous les domaines.
Emploi : Selon les résultats d’un sondage de l’Ifrap1, la France est le pays d’Europe bénéficiant de la plus grande protection pour les travailleurs, mais c’est aussi le pays dans lequel le sentiment d’insécurité vis-à-vis de l’emploi est le plus important d’Europe.
Immigration : Plus on agit pour empêcher les migrants de franchir nos frontières et plus on a le sentiment que la situation devient ingérable, dramatique : des hommes sont prêt à risquer la mort pour rejoindre notre îlot de prospérité.
Défense : Comme le disait très justement le général David Petraeus à propos du théâtre d’opération Irakien2, jetant un pavé dans la marre de l’idéologisme ambiant à Washington : « Plus vous protégez vos forces, moins elles se trouvent en sécurité. Plus vous utilisez de forces, moins elles sont efficaces. Une opération qui tue cinq insurgés est contre productive si les dommages collatéraux conduisent au recrutement de cinquante autres. » A ce titre, les évènements actuels au Proche-Orient illustrent parfaitement le cercle vicieux du tout sécuritaire : lorsque une opération de grande envergure tuant des dizaines de civils est lancée pour récupérer un soldat kidnappé, non seulement on ne récupère pas son soldat, mais on embrase tout le proche-orient, faisant repartir la région trente ans en arrière.
Le tout sécuritaire, c’est une logique facile à comprendre mais c’est aussi une logique simpliste et naïve. Lorsque l’on arrive à un stade ou il ne faut pas moins de 12 000 policiers et de 20 millions d’euros pour assurer la sécurité de Georges Bush pour 3 jours passés en … Allemagne3(!), il faudrait peut-être commencer à se poser la question : Pourquoi ?
Pourquoi les travailleurs français ne se sentent pas en sécurité ? Pourquoi des étrangers sont prêt à tout pour passer une frontière ? Pourquoi des hommes sont prêt à mourir et à tuer d’autres gens pour une idée ? Quelle est l’origine de ce désespoir ?
Tant que nous ne croirons pas en la France et en sa capacité à relever le défi de la mondialisation, nous nous sentirons en situation précaire vis-à-vis de l’emploi. Tant que nous n’aiderons pas l’Afrique à se développer, nous continuerons de voir l’immigration clandestine progresser. Tant que nous ne tendrons pas la main au monde musulman, dans notre société et dans la leur, nous entretiendrons ces brasiers que sont le Proche et le Moyen-Orient.
« Il y a nation où la clôture des jardins et des champs qu’on veut conserver se fait d’un filet de coton, et se trouve bien plus sûre et plus ferme que nos fossés et nos haies.
« Les serrures attirent le voleur. Le cambrioleur néglige les maisons ouvertes. » [Sénèque, Lettres, 68, 4] À l’aventure sert entre autres moyens l’aisance à couvrir ma maison de la violence de nos guerres civiles. La défense attire l’entreprise, et la défiance l’offense. J’ai affaibli le dessein des soldats, ôtant à leur exploit le [risque] et toute matière de gloire militaire qui a accoutumé de leur servir de [prétexte] et d’excuse. Ce qui est fait courageusement est toujours fait honorablement, en temps où la justice est morte. Je leur rends la conquête de ma maison lâche et traîtresse. Elle n’est close à personne qui y heurte. Il n’y a pour toute [précaution] qu’un portier d’ancien usage et cérémonie, qui ne sert pas tant à défendre ma porte qu’à l’offrir plus décemment et gracieusement. Je n’ai ni garde, ni sentinelle que celle que les astres font pour moi. »Montaigne – Essais, II, 15
Collin Powell à propos de l’Irak parlait d’une guerre de prévention, je crois qu’il s’agissait plutôt d’une guerre de rétention : essayer de contenir un mal plutôt que de le guérir. C’est bien cela l’idéologie du tout sécuritaire.
Faire de la sécurité pour finalement se sentir en danger. C’est bien cela le paradoxe sécuritaire.
1 – La crise de la France et les possibilités de réforme, conférence donnée par l’Institut Français de Recherche sur les Administrations Publiques, par Bernard Zimmern et Nicolas Lecaussin, Les Rendez-Vous de l’Iena, 3 mars 2006.
2 – « L’armée américaine se dotte d’une doctrine pour combattre l’insurrection », par Eric Leser, Le Monde, 14 juillet 2006.
3 – « Avant le G8, George Bush scelle les retrouvailles de Washington avec l’Allemagne», par Antoine Jacob, Le Monde, 13 juillet 2006.
Moissonnez, petits opérateurs avides, moissonnez avant qu’il ne soit trop tard pour vous! Gavez-vous du profit généré par les SMS, sonneries et logos tant qu’il en reste dans vos assiettes car la fin du repas est proche pour vous.
A en croire les campagnes de publicité massives dans lesquelles vous investissez depuis des années, il semblerait que vous pensiez encore que votre avenir se joue dans la diffusion de contenu. Une question me vient à l’esprit : arrivez-vous vraiment à vous convaincre vous-même de l’utilité des « services » que vous proposez? Croyez-vous encore, après cette gifle que vous a insufflé le WAP, que le Marketing peut tout, y compris vendre l’inutile? Quiconque expérimentera la diffusion de clips vidéos sur son téléphone comprendra très vite que cela ne sert à rien, si ce n’est à épater les amis qui n’ont pas encore eu vent de ce gadget.
La mobilité n’a pas pour objet d’isoler des autres en regardant la télé dans son bus mais au contraire de rassembler, de connecter. L’avenir du téléphone mobile n’est pas un visiophone mais un assistant personnel (PDA); Nous ne ferons plus transiter des conversations audio/vidéo, mais des données (web, voix-sur-IP, streaming,…). Notre conversation téléphonique sera une donnée, parmi tant d’autres!
Les success story de demain seront les entreprises qui intégreront de façon innovante différents flux de données pour créer de nouveaux besoins (exemple : du VoIP saupoudré de signal GPS, le tout lié par une belle web-application).
Mais qu’est-il arrivé aux fournisseurs d’accès à Internet qui se sont orientés sur le contenu? Ils se sont pris les pieds dans le tapis. Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils voulaient tellement vendre leurs services annexes qu’ils n’entendaient plus le consommateur qui disait : « Je veux juste une connexion internet qui marche pour pas cher, car pour le contenu, j’ai mieux ailleurs ». Leur modèle économique s’est heurté à des structures lowcost bien plus adaptées à la demande. Les Free et autres NeufCegetel ont innové précisément là où ils étaient attendus : dans leur rôle de fournisseur d’accès. Pour les (ex-)Wanadoo et autres AOL, c’est l’hémorragie de clients.
Pour vous, ce sera la même chose. Vous êtes des fournisseurs d’accès mobile. Innovez là où le consommateur vous attend ou vous périrez. Vous ne faites pas le poids face aux ténors du contenu et des services numériques. Battez-vous sur votre terrain, la technologie de communication mobile.
Vous avez la chance pour quelques temps encore de bénéficier d’une faiblesse de la concurrence du fait de votre monopole technologique. Mais voyez déjà autour de vous ces technologies alternatives qui sortent de l’ombre (WiFi, WiMAX et autres boucles locales). Voyez ces « box » qui fleurissent dans nos foyers et qui constitueront bientôt les points d’entrée de réseaux citadins opérationnels.
Votre appât du gain à court terme vous aveugle, mais prenez garde! Vous serez mangé par les fournisseurs d’accès innovants d’un côté, et par les ténors du numérique de l’autre (Yahoo!, Google, Apple iTunes, Skype et autres Microsoft).
Après des années de tractations américaines, le gouvernement bolivien a finalement été contraint ces dernières années de s’engager dans la lutte contre la plantation de coca, l’une des principales ressources du pays. Il faut dire que pour un paysan, la coca n’a pas son pareil pour améliorer l’existence : aucune plante ne peut offrir de rendement équivalent. Pour satisfaire les Etats-Unis, bon nombre de paysans se sont donc reconvertis dans la culture du sucre sous la pression des autorités locales. Seulement voilà, les Etats-Unis ont refusé d’ouvrir en contrepartie leurs frontières et de permettre ainsi aux boliviens d’écouler leur production. N’est-ce pas là une parfaite ineptie?
Je ne parlerais même pas de la PAC tellement l’exemple est affligeant et moralement indéfendable : par des subventions gargantuesques que le contribuable accorde à nos agriculteurs, les pays en voie de développement (le sont-ils vraiment tous?) ne sont même pas capable de concurrencer les tarifs pratiqués par l’Europe sur leurs marchés locaux. Bien sûr, nous pouvons avancer là qu’il s’agit en premier lieu de protéger notre économie. Soit. Mais pourquoi alors contraindre les pays les plus pauvres à ouvrir leurs frontières précisément là où ils ne peuvent être compétitif et détruire tout ce qui pourrait s’apparenter à un embryon d’activité économique? Pour autant, nous ne nous gênons pas pour fermer nos frontières sur certains de nos secteurs “sensibles” (i.e. qui pourraient être concurrencés par le reste du monde).
Se sont là deux exemples parmi d’autres du double langage que nous, puissances industrialisées, tenons tous les jours. Comment s’étonner dès lors que l’occident ait “mauvaise presse”?
Souvent les barrières douanières sont considérées comme le moyen privilégié pour un pays de se protéger de l’extérieur. Mais la mondialisation et la chute des frontières rendent peu à peu ces notions dépassées. Les denrées ne sont plus taxées, les quotas tombent les uns après les autres, et pourtant ! Il existe bien d’autres moyens de protéger son économie : financement des acteurs nationaux (exemple de la PAC), TSVA (La TVA sociale de notre désormais fidèle lecteur Raoul Louis Cayol) ou encore modification de la réglementation. Cette dernière méthode, beaucoup plus discrète que les autres, est tout aussi efficace. Dans le secteur des cosmétiques par exemple, l’homologation de produits étrangers pour l’introduction sur le marché chinois est un véritable parcours du combattant pour qui veut s’y aventurer.
Le marché parfaitement libre n’est pas pour demain et les récentes négociations de l’OMC relèvent plus de la dictature des puissants que de l’économie ouverte.
article posté initialement sur http://ideescroisees.multicolor.net.

