Petit extrait d’une conversation que j’avais eu dans le cadre d’une relation épistolaire en 2006.

Lorsque j’ai terminé mon mastère l’année dernière, j’étais content car j’avais décroché un stage dans l’une de ces “belles entreprises” que beaucoup souhaitent intégrer. Je devais en être fier et, de fait, je l’étais un peu. Avec le recul, je me rends compte que je ne l’avais pas choisi pour moi, mais pour l’image que je renvoyais de moi. C’est donc ainsi que je suis entré en finance dans la holding d’un grand groupe : ambiance costume-cravate-chaussures-un-smic-à-chaque-pied, pas un faux pli, pas un sourire qui pourrait ne serait-ce que suggérer un embryon de vie à l’étage. Les gens ne se disaient pas bonjour d’un service à l’autre. Chacun dans son box, à sa place. Il ne s’agissait pas de travailler mais de renvoyer l’image d’un travailleur acharné, d’où ces situations grotesques où l’on voyait un manager rester jusqu’à des heures impossible alors qu’il n’avait rien à faire.

J’ai alors commencé à me demander ce que je faisais là. Devais-je me résigner pour “réussir”? Etait-ce réellement ça, la vie active si je voulais réussir? Le fait est qu’en plus de cela, j’avais un supérieur qui me faisait refaire trois fois de suite des choses qui, je le savais, n’auraient au final aucune utilité… Comme toujours dans ce genre de situation absurde, lorsque je ne me sens pas en accord avec moi-même, j’ai commencé à avoir un nœud dans le ventre en allant au travail le matin, à me sentir oppressé. J’avais besoin de souffler, de créer, de vivre! Lorsque j’en parlais autour de moi, mes amis ne le comprenaient pas vraiment : j’avais une expérience valorisante dans une bonne entreprise, je DEVAIS être content. Et puis, n’était-ce pas moi qui avait choisi cela?

Quand on regarde bien autour de soi, on se rend compte que beaucoup de gens se sont résignés. Ils prennent pour argent comptant ce que l’on veut leur faire croire comme étant la réussite alors que, tragiquement, ils n’en ont aucune idée. Ils roulent en Porsche Cayenne mais au fond, ils sont tristes, et ils mourront un jour en se disant qu’ils sont passés à côté de tout. Il y a un passage dans le Zarathoustra que j’aime beaucoup et auquel j’ai beaucoup réfléchi à cette époque:

« Quel est-il, ce grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler seigneur ni dieu? Le grand dragon s’appelle “Tu-dois”. Mais l’esprit du Lion dit “je veux”.
“Tu-dois” lui fait obstacle, éclatant de dorure, et c’est un animal couvert d’écailles et sur chacune d’elle est écrit Tu dois! en lettres d’or qui brillent.
Des valeurs millénaires brillent sur ces écailles, et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons :
“La valeur de toutes les choses elle brille sur mon dos. Toute valeur fut créée, et toute valeur créée c’est moi. En vérité, il ne doit plus y avoir de Je veux!“. Ainsi parle le dragon.
Mes frères, à quoi bon ce lion dans l’esprit? Est-ce qu’il ne suffit pas l’esprit corvéable qui renonce et qui respecte? Créer de nouvelles valeurs, le lion non plus ne le peut pas encore : mais créer pour soi-même la liberté qui crée, cela c’est au pouvoir du lion. Créer pour soi-même la liberté et opposer au devoir aussi un Non plein de sainteté : à cela sert le lion, mes frères.” »

Nietzsche - Ainsi Parlait Zarathoustra

C’est ainsi que finalement, au bout de deux mois, j’ai opposé un “non plein de sainteté” et j’ai donné ma démission. Je n’avais aucun backup, l’école ne pouvait me redélivrer de nouvelle convention et je devais absolument trouver rapidement un emploi pour valider mon année. J’étais dans une situation risquée, mais j’étais heureux. Ce jour où j’ai annoncé à mon supérieur que je souhaitais arrêter là, ce jour-là je me suis vraiment senti vivre. J’avais vaincu ce grand “dragon” et compris que le bonheur, ce n’était pas avoir un beau poste dans une belle entreprise. Ce qui rend heureux, c’est d’aimer. D’aimer ce que l’on fait, les gens avec qui on le fait et la raison pour laquelle on le fait.

J’avais un tel besoin de respirer, j’ai pris un billet pour le maroc du jour au lendemain et je suis parti 15 jours me ressourcer, prendre le temps de réfléchir, voir le désert (et dormir dans les dunes à la belle étoile!), contempler.

Je suis rentré apaisé, plein d’une nouvelle énergie. En un mois, j’ai trouvé le poste rêvé. J’ai compris que ce n’était pas tant le travail que l’esprit dans lequel on le faisait qui était important. J’ai le sentiment d’être apprécié pour ce que j’apporte à l’entreprise et finalement j’ai tout gagné à quitter cette holding!

Martin, le 09 mars 2006.

Finirons-nous tous un jour devant Second Life, à acheter un nouveau costume à notre avatar? Triste destinée d’une génération condamnée à manger des pizzas derrière son écran, reliée au monde réel par des 0 et des 1! Le monde 2.0 se résumerait-il à “poke”r ses amis?

Nous sentons bien que le virtuel pour le virtuel n’a aucun sens. Internet ne se suffit pas à lui-même. Ce qui fait défaut à beaucoup d’applications internet aujourd’hui, c’est un lien fort entre ces services et la réalité.

Je pense que dans le futur, chaque service sera littéralement “ancré” dans la réalité, à l’aide d’une coordonnée géographique (l’ancre) et d’une distance (la corde de l’ancre). Cette nouveauté aura une portée immense. Elle permettra en effet de contextualiser les services rendus par internet.

Imaginez que vous êtes assis dans un restaurant. Depuis votre appareil mobile, vous pourrez consulter le menu, commander et payer. Vous découvrirez aussi que la personne assise à la table d’à côté est la soeur d’un ami et vous engagerez simplement la conversation avec elle. Après ce bon repas, vous indiquerez que vous êtes en recherche d’un taxi. Le chauffeur de taxi qui passera dans la rue le saura et vous attendra tranquillement devant le perron de la porte.

Internet, loin de nous isoler devant nos écran, favorisera ainsi les intéractions que nous aurons avec les autres.

Cet exemple est loin d’être une pure fiction, il nécessite simplement :

  • un appareil mobile (90% des personnes en sont équipées aujourd’hui en France)
  • une connexion internet (SFR sort cette semaine un forfait illimité)
  • un GPS pour nous situer dans notre environnement (certains téléphones comme les Blackberry en sont déjà équipés, l’iPhone 2 prévu en juin 2008 le sera aussi).
  • une plateforme permettant de gérer ce nouveau type de service de géolocalisation.

Je suis sûr que dans moins de 5 ans, cet exemple deviendra réalité. Et le nouveau Google sera celui qui mettra au point la plateforme nécessaire à ce nouveau type de services; les opportunités de développement sont gigantesques.

Note : Comment cela peut-il fonctionner? Votre mobile, relié à un GPS, pourra connaître sa position. Connecté à Internet, il pourra ensuite demander à un serveur spécifique de lui indiquer les services situés dans son environnement. Le nombre de services en s’accroissant nécessitera probablement l’apparition de moteurs de recherches géolocalisés.

Le soleil d’hiver
Assis à mon bureau, pressé par les évènements, les actions s’enchaînent rapidement. Un peu stressé, je lève la tête de mon écran, regarde par la fenêtre et vois le soleil d’hiver, immuable, qui caresse les pavés de la rue. Je me sens immédiatement réconforté, apaisé.

La sécurité
Dans une position risquée je recherche la sécurité, en parfaite sécurité je ne me sens plus vivre.

La rencontre
Un homme rencontre une femme. Il découvre qu’ils partagent une passion similaire. Lui est attiré par elle, elle moins. L’homme veut plaire dans la discussion, pas forcément lucide sur ses chances. Il accentue l’importance dans sa vie de cet intérêt qu’ils ont en commun. Elle, qui possède plus de recul sur la situation, trouve incongru le fait que cette passion occupe tant d’espace dans sa vie. En voulant plaire, il s’est perdu.

J’ouvre les bras, je prend ma première respiration et c’est la vie. Balloté dans les flots des évènements, passant d’une chose à une autre, et passe le temps, passe les évènements, je vis. Bientôt je devrais mourir aussi.

Le peu que je suis, le peu qu’il restera de moi. Quel sens y a-t-il à tout cela?

Au travail, nous avons des objectifs, nous réflechissons sur de grandes feuilles Excel et dans chaque feuille il y a des cases et dans chaque case il y a des chiffres et dans chaque chiffre une réalité. Cette réalité ne veut rien dire à personne d’autre qu’à moi. Demain périmée, nous passerons à autre chose, et passe le temps, passe les évènements. Pourquoi sommes-nous là?

C’est que cette terrible philosophie de l’évènement oublie la plus belle chose qui soit, le coeur. Ce coeur qui donne le sens aux évènements. Lorsque j’aime ce que je fais et avec qui je le fait, je comprends alors pourquoi je le fais. Les grands évènements d’une vie sont ceux où l’on aime, car le coeur apporte cette dimension que les choses et l’esprit n’ont pas.

« Les œuvres sont des formes vides, la Vie y pénètre par le secret de l’intention pure » - Ibn Ata Allah

Mère Thérésa, interrogée sur ce qu’elle pensait de la démonstration scientifique du dernier prix Nobel de l’époque, avait répondu : « Je crois en l’amour et en la compassion ». Quelle magnifique réponse!

Aller sur la lune, découvrir un nouveau théorème, vivre cent ans, qu’est ce au regard de l’éternité? Rien n’est comparable et aussi intemporel que l’élan du coeur et de la charité.

Premiers jours, et premières soirées à London




Scissor Sisters - Kiss you off

Il faut faire un voeu!

Comment réduire le nombre de sacs plastiques distribués dans les supermarchés?

Honte sur le consommateur, celui-ci est encore très attaché au sac plastique jetable et les tentatives de retrait complet s’avèrent jusqu’ici infructueuses. Le client préfère encore aller voir ailleurs plutôt que de renoncer à ses vingt minutes de pur plaisir que constituent la durée moyenne d’utilisation d’un sac plastique.

Pourtant, il existe un moyen simple d’inciter les clients à ne pas utiliser de sac jetable : il s’agit de créer une opportunité de marché sur la durée d’attente à la caisse.

Il n’y a rien de plus pénible que d’attendre son tour pour régler ses achats, entre les Télé Z et les Mentos-Box. Le quart d’heure d’attente étant de rigueur dans tous les supermarchés, l’idée serait de remplacer progressivement certaines caisses en caisses vertes ne distribuant plus de sacs plastiques. Le client aurait alors le choix : soit il souhaite un sac jetable et utilise les caisses traditionnelles, soit en bon éco-citoyen il bénéficie d’une file d’attente réduite. Pour réguler le marché, il suffirait de convertir plus ou moins de caisses afin que le bénéfice soit suffisamment significatif.

A terme, toutes les caisses pourraient devenir vertes!

Café du dimanche soir au latéral, la tête à l’envers.